Great promotion for Philately: Interview to Anthony Virvilis on the Internet

 

 

 

 

Par passion pour la Grèce

 

 

 

 

 

 
 
 
14 Janvier 2018 Publié dans Vie du blog
 
Je vous propose cet entretien que j’ai réalisé par échange d’e-mail début Janvier 2018. En guise de présentation de cette figure importante de la philatélie hellénique voici une biographie écrite par Louis Pierre Fanchinile 16 Juin 2005 à l’occasion d’une présentation du livre « Handbook of Hellenic Philately », évidement écrit par Anthony B. Virvilis.
« Qui mieux que Anthony B. Virvilis, pouvait référencer dans un seul ouvrage les publications les plus pertinentes, en grec et en tout autre langue, ayant trait à la philatélie, ou plutôt la « philotélie » de son pays ? L’auteur a été le président de la très active « Société Philotélique Hellénique » d’Athènes (http://www.hps.gr/en/main.htm), de 1984 à 1997 et en est toujours l’âme et la cheville ouvrière en tant qu’éditeur en chef de la publication bimensuelle Philotélia. Il est juge international dans les catégories « Littérature Philatélique » et « Thématique », ainsi que juge national dans la catégorie « Histoire Postale » et également membre du board de la FEPA (Federation of European Philatelic Associations). Il est à l’initiative de plusieurs projets au sein de la FIP (Federation Internationale de Philatélie) et de la FEPA visant à promouvoir et à classifier la littérature philatélique, tel le projet UTOPIA (Base de données internationale sur l’ensemble des publications concernant la philatélique grecque). » – Louis Pierre Fanchini
Vous retrouvez ci-dessous l’interview en français, il s’agit d’une traduction que j’ai réalisée. L’entretien original a eu lieu en anglais, vous pouvez la lire en fin d’article.
Jean-François Brun et Anthony B. Virvilis
Premiere partie :

1 – A quel âge vous êtes-vous intéressé à la philatélie ?
J’ai commencé à collectionner quand j’avais 10 ans. J’ai été fasciné par les couleurs, les formes et les images des différents timbres. J’étais toujours volontaire pour aller à la boulangerie parce que je gardai (secrètement) la monnaie pour avoir de quoi acheter une pochette de 50 timbres oblitérés y compris des exemplaires de Tuva (ndlr : la République de Tuva fait partie de la Fédération de Russie).

Aujourd’hui, de nombreux chercheurs en sciences sociales croient que cet attrait pour la collection est intégrée dans nos gènes. Vous pouvez l’appeler une anomalie de l’ADN !!
2 – Quel est votre timbre préféré ?
Mon timbre préféré est bien sûr le 20 lepta du premier timbre grec, dit Large Hermes, conçus et imprimés à Paris en 1861. Il vous suffit d’examiner les premieres productions de tous les pays du monde et vous réaliserez facilement que ce timbre est le plus beau de tous de par le design, la technique, les couleurs et le symbolisme.
3 – Qu’est-ce que la philatélie vous a apportée ?
Eh bien, c’est une grande question. Pour résumer, tout d’abord le bonheur, la connaissance (pas seulement philatélique) et de nombreux bons amis dans le monde entier.
4 – Face à un jeune philatéliste Quelle serait votre recommandation la plus importante ?
Dès le début, nous devons faire la distinction entre le collectionneur de timbres et le philatéliste. Comme vous le savez dans notre monde philatélique, nous avons différentes étapes de la connaissance. Nous commençons par l’enfance, nous allons à l’école primaire, puis au college, au lycée et enfin nous entrons à l’Université, nous passons au doctorat et nous entrons dans l’Académie. Jusqu’au lycée la joie est grande mais on peut facilement s’ennuyer. C’est la vraie joie qui vous accompagnera jusqu’à la fin avec l’étude et la spécialisation.

La philatélie exige trois choses: le temps, la patience et, parfois, l’argent. J’ai dit parfois, parce que vous pouvez facilement assembler de belles collections, et de belles thématiques avec peu d’argent, qu’il est possible d’étudier des sujets jusqu’à maintenant peu exploré. Le chemin peut être difficile mais d’un grand épanouissement. Je pense qu’il s’agit d’un beau sujet d’étude psychologique : comment un parcours plus rude apporte plus de satisfaction ?
Deuxième partie :

1 – Vous avez un CV très impressionnant, quelle a été l’expérience qui vous a le plus apporté ?
J’ai rencontré beaucoup d’amitié et de camaraderie. Je me suis fait des amis dans le monde entier et pour la vie.
2 – De nombreuses associations, en France et dans le monde, se battent pour renouveler leurs effectifs alors qu’il n’y a jamais eu autant de collectionneurs dans le monde. Quel est, selon vous, le problème pour faire entrer le nouveau philatéliste dans les cercles traditionnels de la collection ?
Il est vrai que de nos jours il y a de moins en moins de collectionneurs regroupés dans nos organisations. Les choses ont changé radicalement. La vie quotidienne est plus rapide et stressante. La télévision, les ordinateurs, etc. ont changé nos vies. Si nous ajoutons la liberté que les adolescents ont maintenant de vivre hors de chez eux, nous pouvons facilement comprendre pourquoi le collectionnisme s’estompe. La chose étrange est que la philatélie reste, sans aucun doute, florissante … Il suffit de voir la richesse des études sérieuses, des manuels, etc. publié chaque année dans le monde et de comparer avec la production similaire des années 50.

Ce qu’il faut, c’est un «rebranding» de la philatélie. En tant que rédacteur en chef de Philotelia, le journal bimestriel de la Hellenic Philotelic Society, je dis sagement: «Si vous demandez à quelqu’un ce qu’est la philatélie, il vous répondra que c’est le passe-temps de collectionner des timbres». C’est évidemment beaucoup plus. L’ensemble du travail autour de la collection des timbres nécessite une connaissance adéquate de l’histoire, de la typographie, de la sociologie et d’autres disciplines pertinentes, ce qui fait de la philatélie une science à part entière. L’étude du timbre-poste, dans son sens le plus large, est la sœur cadette de l’Histoire – parfois elle corrobore l’Histoire, puisque le matériel postal présente des preuves irréfutables, mais parfois il amende ou même réfute sa sœur aînée, puisque c’est un fait connu que l’Histoire officielle est souvent écrite à dessein dans le but de servir les motivations de l’autorité compétente. Nous avons besoin d’un remodelage.
3 – Vous étiez membre du directoire de la FEPA, que pensez-vous de la surproduction de nouveaux timbres dans la plupart des Poste en Europe et de l’avenir que cela augure pour les collectionneurs ?
Les autorités postales ont profité de la croissance de la philatélie après la guerre et ont commencé à exploiter les philatélistes de telle manière que beaucoup ont cessé de collectionner. Cela peut sembler hérétique, mais permettez-moi de vous poser la question suivante: si les autorités des Postes cessent d’émettre des timbres, pensez-vous que la philatélie devrait s’arrêter? Certainement pas ! Les philatélistes auront 178 ans de tirages mondiaux à traiter et à étudier, sans compter la période pré-philatélique !
4 – Vous avez écrit un livre pour recueillir des références sur la philatélie hellénique, mais comme la plupart des œuvres philatéliques, il est difficile, passé quelques années, de trouver ces ouvrages. Pensez-vous que la transmission du savoir peut être assurée par des projets comme UTOPIA dont vous faites partie ?
Chaque science a besoin d’étude. Aujourd’hui, la transmission des connaissances est beaucoup plus facile avec la technologie moderne (Internet, etc.). UTOPIA est un projet très ambitieux, qui a besoin de bénévoles, de temps et d’argent, mais c’est un exemple de ce que nous devrions faire.
Troisième partie :

1 – Vous êtes un juge international, quel est le développement le plus marquant que vous ayez constaté ?
Je suis dans le monde du jugement international depuis 1975. Toutes ces années, j’ai vu l’évolution exceptionnelle et le développement de la philatélie telle qu’elle est présentée dans les expositions. Juste pour vous montrer le grand avancement accomplit durant toutes ces années, je dirais qu’une grande médaille d’or des années 60 n’obtiendrait pas plus que le grand vermeil. Si nous parlons d’une exposition thématique, le maximum qu’elle pourrait obtenir aujourd’hui serait un Vermeil.
2 – Quel est votre souhait pour la philatélie ?
La philatélie, avec son étude, est un outil de préservation du patrimoine culturel d’un pays, l’héritage. Je voudrais que cela soit reconnu par les États et le monde académique en général. Nous, philatélistes, nous ne collectionnons pas seulement de petits morceaux de papier imprimés et multicolores…
3 – Dans quel projet êtes-vous actuellement le plus engagé ? Pouvez-vous nous en parler ?
En 2021, nous célébrerons le 200e anniversaire de la révolution grecque et nous prévoyons d’accueillir une grande exposition philatélique européenne.
4 – Que pouvons-nous vous souhaiter ?
Si Dieu le veut, je voudrais respectivement célébrer en 2024 et, 2025, le centenaire de la création de Philotelia et de la fondation de la Société Philotelique Hellénique.

Philotelia est la seule revue en Grèce (et pas seulement philatélique) qui n’a jamais cessé sa diffusion, pas même pendant la triple occupation de la Grèce (Allemande, Italienne, Bulgare) à l’époque de la Seconde Guerre mondiale.
                                                                                       
Mrs. Michele Chauvet RDP and the designer-engraver of Greek stamps Mrs. Myrsini Vardopoulou Hon. AEP
Ceci marque la fin de notre entretien. Je voudrais remercier bien entendu Anthony B. Virvilis qui de par son parcours est pour moi un exemple et qui a bien voulu prendre du temps pour répondre à toutes mes questions. Je ne le remercie non plus jamais assez pour son livre qui est une mine précieuse de références et qu’il m’a offert. Je souhaite aussi envoyer un grand « merci » à Louis Pierre Fanchini pour m’avoir permis de le citer et qui partage avec l’ensemble des philatélistes sa connaissance profonde des émissions classiques de la Grèce.
Comme promis le texte original de cet entretien afin que chacun puisse lire sans le prisme de ma traduction cette interview.

 Signing the Roll of Distinguished Philatelists in 2013

 

 

 Crédit photo : Anthony B. Virvilis himself !

 

INTERVIEW

 

Stage 1 :
1 – At what age you are interested in philately?
I started collecting when I was 10 years old. I was fascinated by the colours, shapes and pictures of the various stamps. I was always volunteer to go for shopping to the near by bakery as I was always retained -secretly- the small change in order to gather the appropriate amount to buy a packet of 50 various foreign cancelled stamps, including those of exotic Tuva…
Today, many social scientists believe that collectionism is embedded to some of us in our genes. You may call it an anomaly of DNA !!
2 – What is your favorite stamp?

My favourite stamp is of course the 20 lepta of the first Greek issue, of the so called large Hermes heads, designed and printed in Paris in 1861. Simply examine the first issues of all countries of 19thcentury and you shall easily realise that this stamp is the most beautiful of all, from design, tecnique, colour and symbolism.

 

3 – What did philately bring to you?
Well, this is a big question. To summarise, first of all happiness, knowledge (not only philatelic) and many good friends worldwide.
4 – Faced with a young philatelist (in the novice sense of the word) what would be your most important recommendation ?
From the beginning, we have to distinguish between the stamp collector and the philatelist. As you know in our philatelic world we have various stages of knowledge. We start with kindergarden, we go to elementary school, then to Gymasium or Lyceum, we enter the University, we move to PhD and at the end we enter the Academy. Until Lyceum the joy is great but it does not last as you shall easily get bored. The real joy which shall accompany you till the end comes with study and specialisation.
Philately requires 3 things: Time, patience and, some times, money. I said sometimes, because you can easily form excellent collections and exhibits with very little money, provided you have selected a subject not studied so far, and, can assure you there are many of them. The path to going up is difficult but with much personal joy. I think this is a very nice study-case for psychiatrists: how a difficult road brings joy in every step !
Stage 2:
1 – You have a very impressive CV, what has been the experience for you that has brought you the most ?
I have met great friendship and camaraderie. I have made friends from all over the world for life.
2 – Many associations in France and around the world are struggling to renew their workforce when there has never been so many collectors in the world. What is the problem, from your point of view, to bring the new philatelist into the traditional circles of the collection ?
It is true that in our days organised collectors are becoming less and less. Things have changed drastically. The faster and stressful everyday life, the TV, the computers etc have changed our lives. If we add the liberty the teenagers have now to live their lives outside home, we can easily understand why collectionism is fading. The strange thing is that philately is, no doubt, blooming… Just see the wealth of serious studies, handbooks etc published worldwide every year and compare with the similar production of 50s.

What is needed is “rebranding” philately. As the editor of Philotelia, the bimonthly journal of the Hellenic Philatelic Society, wisely put it “if you ask someone “what is philately”, he will answer you “it is the hobby of collecting stamps”, which is totally wrong, as it is obviously much more. The entire work in collecting stamps requires adequate knowledge of history, typography, sociology and other relevant disciplines leading as a result philately to be a science for itself. The study of the postage stamp, in its broadest sense, is the younger sister of History – at times it corroborates History, since the postal material presents irrefutable evidence, but sometimes it amends or even refutes its older sister, since it is a known fact that the official History is often written at will for the purpose of serving the motives of the relevant authority. We need “rebranding”.

 

3 – You are were member of the board of the FEPA, what do you think of the over issue of stamps by most post offices in Europe and the future that augurs for collectors ?

 
Post Authorities took advantage of the post war growth of philately and started exploiting philatelists in such a manner that many have stopped collecting. It may sounds heretic, but let me ask you this: if Post Authorities stopped suddenly issuing stamps, do you think that philately shall stop?? Certainly not ! Philatelists will have 178 years of world issues to deal and study with, not to count pre-philately area!
4 – You have written a book to collect references on Hellenic philately but like most philatelic works it is difficult, spent a few years, to find these works. Do you think that the transmission of knowledge can be ensured by projects like UTOPIA of which you are part ?
Every science needs study. Today transmission of knowledge is much easier with modern technology, internet etc. UTOPIA is a very ambitious project, which need volunteers, time and money, but it is a guide of what we should do.
Stage 3:
1 – You are an international judge, what’s the most striking development you have ever seen ?
I am in the international judging world since 1975. All these years I am seeing the exceptional evolution and development of philately as presented in exhibitions. Just to show you the great advancement made all these years, I would say that a Large Gold medal of 60s today would get no more than Large Vermeil. If we are talking for a Thematic exhibit, the most it could get today would be a Vermeil.
2 – What is your wish for philately ?
Philately with its study is a preservation tool of a country’s cultural heritage – patrimonie. I would like this to be recognised by the State and the Academic world in general. We, philatelists we do not merely collect multicoloured small printed pieces of paper…
3 – Which project are you most committed to ? Can you tell us about it ?

In 2021 we shall celebrate the 200th anniversary of the Greek Revolution and we are planning to host a great European Philatelic exhibition.

 
4 – What can we wish to you?

God’s willing, I would like to celebrate in 2024 and 2025 the centenary since the foundation of Philotelia and the foundation of the Hellenic Philotelic Society, respectively.

Philotelia is the only journal in Greece (not only philatelic) which never stopped its circulation, not even during the triple occupation of Greece (Germans, Italians, Bulgarians) at the period of WW2.